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L’APPORT DES INVARIANTS SOCIAUX À L’APPRENTISSAGE DU TRAVAIL SOCIAL : Une analyse des perceptions étudiantes en première année de formation en assistant social
Résumé
Cette recherche interroge la place et la fonction des savoirs sociologiques dans la formation au travail social, en particulier à travers l’enseignement des invariants sociaux proposés par Bernard Lahire (2023). Ces concepts, susceptibles d’éclairer les structures fondamentales du social, sont étudiés ici quant à leur réception et leur utilité perçue par des étudiants en première année du bachelier en assistant social à la Hénallux (Namur, Belgique). L’étude adopte une approche mixte : un questionnaire administré à 77 étudiants, analysé par des statistiques descriptives et des tests de corrélation, est complété par huit entretiens menés avec des étudiants et deux entretiens avec des enseignants soumis à une analyse thématique avec un double cycle de codage. Les résultats mettent en évidence trois fonctions majeures des invariants : (1) le décryptage des situations impliquant les
usagers, (2) une compréhension complexifiée, et (3) la capitalisation de solutions pour agir sur les vulnérabilités du public. En sus, deux plus-values spécifiques émergent des invariants sociaux : leur puissance explicative en tant que concepts
généraux permettant d’élucider des phénomènes sociaux tout en favorisant, par leur variation contextuelle, une interprétation nuancée des situations rencontrées en intervention sociale, et la portée inter/transdisciplinaire des invariants. Si une minorité d’étudiants conserve une posture de méfiance face aux savoirs théoriques, la qualité relationnelle et pédagogique de l’enseignement apparaît comme un levier déterminant d’appropriation. Malgré quelques limites mentionnées, l’étude conclut à la pertinence des invariants comme outils intégrateurs, articulant intelligibilité sociologique, réflexivité et intervention professionnelle.